La douceur du climat insulaire a permis d’acclimater une variété exceptionnelle de végétaux et d’offrir aux visiteurs du jardin des ambiances exotiques. Une grande partie de la collection botanique est originaire de régions aux conditions climatiques identiques ou très proches de celles de l’Île de Batz. Elles se répartissent autour des tropiques du Cancer et du Capricorne entre les 20ème et 40ème parallèles nord et sud. Les régions concernées couvrent une partie du nord de l’Afrique, et le sud de l’Afrique du Sud, le nord de l’Inde, le sud de la Chine et du Japon, la partie sud de l’Australie, la Tasmanie, l’île du sud de la Nouvelle-Zélande, le sud du Brésil, le Chili, le Paraguay et une partie de l’Argentine, le Mexique et la zone sud des États-Unis sans oublier les îles de l’Atlantique, Madère, Cap Vert et Canaries.
L’Île de Batz se situe pourtant sur le 48ème parallèle nord, à la même latitude que Terre-Neuve et Vancouver à l’ouest et Kiev et Vladivostok à l'est, des régions aux climats pourtant bien différents. Le Gulf Stream, ce courant chaud qui baigne les côtes de la Bretagne, joue en fait un rôle majeur dans la clémence de ses températures tout au long de l'année.

Les palmiers en Bretagne
L’introduction des palmiers en Bretagne s’est faite dans les ports d’accostage, Brest, Lorient, Nantes, Morlaix et Saint-Malo. Les commandants de navires avaient pour consigne de ramener toutes sortes de plantes et de graines de leurs voyages. Avant l’arrivée de Georges Delaselle, l’existence de palmiers sur l’Île de Batz n’est pas confirmée, puisque aucun voyageur ne fait mention de leur présence. Toutefois, il est possible qu’à l’abri des hauts murs des jardins de marins au long cours, quelques sujets de palmiers à chanvre arrivaient à prospérer. Georges Delaselle avait planté dans son jardin, cinq espèces de palmiers : Trachycarpus fortunei, Chamaerops humilis, Phoenix canariensis, Washingtonia filifera et Jubaea chilensis.